Une fleur de peau
Voilà presque un siècle de gâché, passé à croire que l'évolution des genres conduirait l'armée de bonshommes aux visages à tête de loup vers un monde nouveau, où les automatismes d'antan verraient leur existence ruinée par un trop-plein de technologies avancées, pour constater finalement que l'histoire se répète inlassablement.
Comme la mode et la politique, où le simple fait d'actualiser d'anciennes idées apporte de grands espoirs aux citoyens, notre quotidien a certes changé par les nombreux avantages qu'il comporte au présent, mais nous a rendu nostalgiques au regard de ces idéaux d’un temps révolu dans lequel nous puisons nos inspirations et nos modèles.
Ainsi, lorsque j'ai dû prendre conscience de l’extrême médiatisation du blog, j'ai d'abord haussé un sourcil, puis deux.
J'ai réfléchi longuement à l'intérêt que cela portait.
Jusque-là, cette démarche ne représentait rien de plus à mes yeux qu'un besoin de notoriété égocentrique, engendrant une popularité éphémère dépourvue de sens, et qui s'achève dans l’indifférence dégoulinante, pareille à celle de ces stars nourries aux scandales qui s'écrasent sur le papier glacé de nos Magasines WC.
Puis j'ai encore réfléchi, et je me suis dit que le temps des poètes déchus en manque de
« vie » n'était pas si loin, mais surtout, pas si différent.
Mal de vivre, mal d'argent, mal d'amour et d'équilibre.
Littérature, alcool, discours philosophiques, opium et syphilis, versus rock, cocaïne, Kate Moss, Al Qaïda, dépression nerveuse et sida.
Rien d'antonymique !
La cause: ce foutu besoin de reconnaissance qui nous colle à la peau.
Les conséquences: une foule d'individus affolés, calculateurs, et angoissés de perdre de vue l'avant-gardisme et le moyen de se démarquer; pareille à la giclée de fourmis qui émane de la terre lorsque vous posez le pied sur leur empire.
Donc je vous le dis, nous sommes ces mêmes joueurs de pipeau à la cour du roi, ou les saltimbanques racleurs de sous qui espèrent s’entendre dire un jour: « on vous aime, ce que vous faites est très bien, vous avez quelque chose de spécial, on vous veut ! ».
C'est vrai qu'on a largement critiqué Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et les autres, feignants rêveurs passant des heures à parler et décortiquer philosophiquement les fonctionnements de notre monde, mais n'ont-ils pas pavé les voies d'une société actuelle qui se rabat sur la sociologie pour comprendre ce dont l'être humain a besoin pour l'assujettir ? Réseaux sociaux et consommation outrageuse en portent le sceau.
Alors sans doute une grosse couche se moquera de la manière puérile dont j'aurais mené le filage de mes idées jusqu'à cette étroite conclusion, mais oui, en effet, l'existentialisme est bien un humanisme !
Née dans les 80's, je n'ai malheureusement pas eu le plaisir de connaître l'émergence du rock, et ses plus belles années. Hormis mon grand-père ou David Aaronson, je n'ai connu aucun homme à l'élégance chapeautée.
Je n'ai jamais porté de patins à roulettes pour aller danser, John Travolta s'est fait une place en moi sous l'image Allo maman ici bébé, et non pas dans son fiévreux costume blanc_ même si j'avoue avoir été bouleversée par son splendide déhanché dans Grease aux côtés d'Olivia Newton John (rires).
J'ai pleuré devant La boom à 12 ans, et j'ai pleuré presque dix ans plus tard devant la tektonik; à chaudes larmes lorsque Lorie s'y est mise !
J'ai reçu une éducation mélangée de vieux et de neuf. Du vieux qui m'a fait un peu peur parfois « Wendy, tu es une femme, tu dois bien t'occuper de l'homme que tu aimes pour le garder; la liberté au lit et l'originalité dans son assiette », dixit mes grands-parents. Puis du neuf un peu désordonné. Une cuillère de Cindy Lauper suivie d'une louche de féminisme servies par une mère trompée et divorcée dans les années 90, qui prétendait préférer avoir un chien ou un ami gay plutôt qu'un homme, en se mouchant que tout était de sa faute.
Enfin bref, au beau milieu des épisodes de La petite maison dans la prairie à la pause déjeuner, des rediffusions de Dallas le samedi après-midi (qui fit naître en moi le désir fou de devenir cowboy), et des questions de type « parviendrais-je un jour à reproduire les chorégraphies de Michael Jackson à la perfection ?», je me disais qu'il fallait soit prier, soit faire la guerre, soit déserter. Et même si je n'ai pas déambulé dans les méandres d’un Woodstock révolté, je me suis mise à gueuler. Autant que j'ai pu. Aussi souvent qu'il le fallut. Pour tout, parfois pour rien. Si bien que j'ai fini par ne plus savoir pourquoi. Je me suis attiré des ennuis, j'ai regretté puis comme je me sentais rock j'ai emmerdé tout le monde, c'était bien mieux comme ça !
J'ai compris que les gens se moquent pas mal que tu puisses te torturer l'esprit la nuit au lieu de sommeiller, que tu rigoles alors que tu voudrais chialer, que tu vomisses d'angoisse face à l'avenir; ils s'en foutent, d'ailleurs tout le monde s'en fout.
Houla, du calme ! Ne tombons pas dans le pessimisme ! Je vous rassure, vous n'avez pas sous vos yeux la rédaction d'un univers aux jambes dépressives !
Aujourd'hui, Wendy va très bien, elle est heureuse et toujours aussi curieuse qu'à ses
10 ans !
Par ailleurs, je vous souhaite une agréable balade dans cet univers mélangé de valeurs anciennes, de news, de nostalgie, de cinéma, de mode, de musique, d'humour, d'anecdotes et d'amour. J'espère que vous y trouverez des choses qui vous ressembleront ou qui, tout simplement, vous permettront de vous découvrir un peu plus tel que vous êtes !
Élégance, simplicité, sourire et amour. Soyez juste. Soyez VOUS !
Wendy Marcel pour Slogan
Contact: slogan1969@gmail.com
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